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La démarche méthodologique permettant d’atteindre les résultats comprend les étapes suivantes :

1ERE ETAPE : ACTIVITES PREPARATOIRES

  1. Établissement d’une liste constituée des Parcs Nationaux, réserves naturelles et espaces d’intérêts.
    Cette étape peut être scindée en deux phases, la première correspondant à une recherche bibliographique et la seconde correspondant à l’élaboration de la liste.
    1. Recherche bibliographique
      Des recherches bibliographiques et des visites seront effectuées auprès des instances intéressées par la protection et la gestion des espaces protégés tels les Ministères de l’Environnement, de l’Agriculture, du Tourisme, les Organisations Non Gouvernementales afin de répertorier et d’évaluer, au-delà des parcs existants ou réserves forestières (Parc National Historique Citadelle, Parc La Visite, Parc Macaya et la Forêt des Pins), le plus exhaustivement possible :
      • les différents écosystèmes, marins et terrestres, présents en Haïti. Le recensement de ces écosystèmes ne s’arrêtera pas aux seuls biotopes « naturels ». Seront aussi inventoriés les milieux où l’homme joue ou jouera un rôle actif : comme les zones où l’écotourisme peut être développé, les forêts mixtes dont le sous-bois est exploité …
      • les zones sensibles où la biodiversité tend à diminuer voir à disparaître,
      • les zones encore indemnes ou peu touchées par l’action anthropique,
      • les lieux présentant un intérêt historique, culturel, … et dont la fréquentation par les touristes, les pèlerins, …peut entrainer des dégradations qui à terme seront inéluctablement irréversibles,
      • les facteurs impactant positivement ou négativement sur l’évolution des écosystèmes.
    2. Lors de cette phase, un effort tout particulier devra être effectué pour collecter des travaux, des études, réalisés antérieurement et qui peuvent être archivés et être utiles au niveau de la mise en œuvre de l’application thématique. Une base de donnée « documentation » aire protégée pourra être réalisée. Un expert national en documentation suivra cette étape (1,5 homme mois).
    3. Établissement de la liste
      A partir des renseignements collectés une liste des Parcs Nationaux, réserves naturelles et espaces d’intérêts, sera établie. Lors de sa conception une réflexion sera conduite pour attribuer à chacun de ces sites une catégorie telle que définie par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).
      1. Réserve intégrale
      2. Parc National
      3. Monument / Élément marquant
      4. Réserve gérée
      5. Paysage terrestre/marin protégé
      6. Réserve de Ressources
      7. Réserve anthropologique
      8. Aire à utilisation multiple
      9. Réserve de la biosphère
      10. Bien du patrimoine mondial
    4. A chaque catégorie est associée une gestion spécifique. La catégorisation des sites sera pilotée par le Coordonnateur Thématique et sera validée par les partenaires.
  2. Formations

    Certaines formations longues (une année scolaire) sont déjà réalisées, d’autres sont en cours de mise en place.
    Dans le cadre des autres applications du PITDD d’autres ingénieurs ont reçu ou recevront une formation longue durée. Ces compétences pourront être partagées entre les différentes applications.
    Des formations de courtes durées (stages) seront définies, peut être cité à titre d’exemple une formation courte durée au sein de la cellule SIG d’un Parc National et/ou Régional.

  3. Délimitation des Parcs Nationaux (et sites protégés) et des zones tampons

    Pour le Parc National Historique Citadelle et la Forêt des pins les limites sont connues. Si nécessaire, elles pourront être revues et/ou cartographiées à grande échelle.
    Les limites des Parcs Nationaux Macaya et la Visite ne sont pas clairement établies : les superficies énoncées dans les décrets de promulgation n’apparaissent pas suffisantes au regard de la zone à protéger.
    Dans cette activité, des limites pour le Parc (au sens strict), la zone tampon ainsi que la zone périphérique seront proposées. Ces choix seront fondés pour l’espace à protéger sur des critères « écosystémiques ». Le tracé des limites prendra en compte préférentiellement des critères biophysiques (limite de bassin versant, réseau hydrographique, …) ou des éléments du paysage « tangibles » (aplomb rocheux, routes, …) peu susceptibles de changement dans le temps. Ce type de délimitation présente l’avantage de pouvoir être clairement explicitée et communiquée à la population locale qui a besoin de repérer facilement les limites du Parc.
    La délimitation des autres aires protégées n’apparaît pas problématique : lorsqu’elles sont de faibles superficies, la zone tampon sera de 200m autour (cf. législation).
    Au regard de la documentation recueillie, le coordonnateur thématique de l’application pilotera cette étape : il s’appuiera sur l’avis d’experts nationaux (ressources naturelles végétales et animales) Les limites ainsi établies seront proposées aux partenaires. Il est important d’impliquer les collectivités territoriales et les populations concernées dans la phase de concertation que devront mener les partenaires avant d’arriver à une délimitation définitive. Une fois validées par ceux-ci les limites seront proposées aux institutions concernées pour les suites légales nécessaires.

  4. Adaptation des spécifications techniques par rapport à la réalité de chaque site.

    1. Compte tenu des spécificités de chaque site (patrimoine forestier, maritime, historique, …) les informations collectées devront tenir compte de ces particularités tout en respectant un ensemble homogène qui sera défini dans la suite de ce document. Les spécifications techniques indiqueront les données à collecter et les informations à produire.
  5. Analyse de la législation relative aux aires protégées.

    Un recueil de la législation relative aux aires protégées ou à protéger (au sens large) sera effectué et donnera lieu à l’élaboration d’une base de donnée qui comprendra notamment un scan des documents afférents et les métadonnées associées. Sur la base de cette recherche une analyse de la législation « environnementale », en particulier, celle relative aux aires protégées, sera accomplie et s’il s’avère nécessaire des recommandations seront établies. La réalisation de la base de données sera effectuée par un expert CNIGS. Un expert national spécialisé en législation réalisera le travail d’analyse (1,5 homme mois).

2EME ETAPE : REALISATION DE LA BASE DE DONNEES

  1. Conception et montage de la base de données géographiques
    La conception de la base de données, établie à partir de l’analyse des besoins prédéfinis lors de la phase préparatoire, permettra d’élaborer un schéma présentant les différents thèmes retenus, les relations (topologique, sémantique, …) entre eux et les attributs retenus.
    La conceptualisation du Système Intégré d’Information est fondamentale : elle constitue les termes de référence pour la réalisation des étapes ultérieures ce qui permettra d’assurer une qualité des données produites dans cette application. Elle doit tenir compte :
    • des différentes échelles auxquelles les gestionnaires des espaces naturels travaillent : à moyenne échelle pour avoir une perception régionale des paramètres qui peuvent influer sur le territoire, à grande voir très grande échelle suivant les plans de gestion qu’ils veulent mettre en place,
    • des différentes données collectées : qu’elles soient cartographiques (en format vectoriel et/ou raster), « photographiques » (photographies de sites, images d’Observation de la Terre,…) ou textuelles ces données doivent pouvoir être mises en interrelation grâce à leur localisation. D’autres paramètres sémantiques pourront être définis pour créer des liens entre les différents documents intégrés à la base de données.
    • des finalités poursuivies et des outils qui devront être créés ;
    • des contraintes à poser en fonction des données utilisées et de l’utilisation qui en sera faite : par exemple des contraintes d’échelle suivant l’origine de ce document et de l’application à laquelle elles seront utilisées (analyse régionale ou locale).
    Cela se traduira par une réflexion qui aboutira à :
    • la spécification des données vectorielles qui seront saisies et/ou intégrées au SIG et qui concernera :
      • le modèle des tables attributaires,
      • les prérequis géométriques et topologiques.
    • la spécification des données rasters qui seront intégrées : caractéristiques géométriques des images ;
    • la spécification des données textuelles,
    • la spécification des métadonnées qui doivent être produites pour chaque donnée et pour l’ensemble d’un produit.
  2. Définition des typologies
      La typologie des différentes données qui seront intégrées dans le Système d’Informations devra être définie afin de prendre en compte les finalités de l’application mais aussi, si nécessaire, des finalités des autres applications du PITDD. Ainsi, la nomenclature :
    • de l’Occupation et Utilisation du Sol devra être conçue non seulement pour répondre à la présente application où elles seront utilisées à grande échelle (1 : 10 000) mais aussi pour les applications « Bassin versant », « Aménagement du Territoire », « Sécurité Alimentaire » voir « Observatoire Global », qui travailleront à moyenne et petite échelles. C’est pourquoi, la typologie qui sera retenue devra être de forme hiérarchique et adaptée aux spécificités d’Haïti ;
    • du zonage agro-sylvo écologique : une réflexion devra être conduite entre des agronomes et des phytosociologues (experts nationaux) afin de définir les espèces indicatrices à retenir non seulement sur les aires protégées mais aussi sur l’ensemble du territoire haïtien ; la morpho-pédologie devra être la même que celle qui sera élaborée pour l’application « Bassin Versant » ;
    La typologie de l’occupation et de l’utilisation du sol sera effectuée en concertation entre les experts principaux et les coordinateurs thématiques des différentes applications. Elle devra, être de type emboîté et, dans la mesure du possible, intégrer la nomenclature de l’Occupation du Sol 1998.
    La typologie du zonage agro-sylvo écologique sera réalisée par deux experts nationaux l’un étant agronome l’autre étant « phyto-écologue ». Elle sera soumise, pour consultation, à l’Experte Principale Parc Nationaux.
  3. Campagne de collecte de données sur le terrain
    Parmi les données à collecter sur le terrain on peut distinguer :
    • les données socio-économiques : population, activités agricoles et/ou économiques, nombre de visiteurs d’un site, foncier, …
    • les données biophysiques : écosystèmes en place, espèces indicatrices, caractéristiques pédologiques, géomorphologiques, …
    • les données « historiques » : Monuments et sites historiques et culturels.
    Pour que les collectes des données terrain soient efficaces deux étapes doivent être conduites : une phase préparatoire et une phase de collecte proprement dite.
    1. Phase préparatoire de la campagne de collecte de données sur le terrain
      1. Formation
      2. Le personnel collectant les données, issu des différentes institutions partenaires, recevra une formation au regard des attentes de la mission (formations aux outils nomades, aux GPS, aux méthodes d’échantillonnages, …)
      3. Plan de collecte de la donnée
      4. Lorsque les collectes de données reposent sur des méthodes d’échantillonnage et/ou de transect, les zones de collectes seront prédéfinies (plan d’échantillonnage, tracé des transects, …) et représentées cartographiquement. De même, dans la mesure du possible, les itinéraires qui devront être suivis. Les formulaires concernant les données socio-économiques seront effectués par des experts nationaux (sociologue, économistes).
      5. Formulaire de collecte
      6. Pour faciliter la collecte, un formulaire sera préétabli en fonction de la collecte de données à organiser. Il comprendra notamment, lorsqu’il est prévu de réaliser un catalogue photographique (référencement des sites d’intérêts, cartographies actuelles de l’occupation des sols et des espèces indicatrices) le point GPS de localisation de la photo et la description de son orientation ainsi que certaines données descriptives jugées utiles.
    2. Campagne de collecte de données sur le terrain Quelle que soit la donnée collectée, dans la mesure du possible, elle sera effectuée à l’aide d’outils nomades (GPS autonome, ordinateur de poche équipé de SIG nomade compatible avec le système de saisie et d’intégration du SIG qui sera choisi). Ce choix est important car il permet d’optimiser :
      • la collecte des données : grâce au GPS la localisation est exacte et, le report de l’information sur des données géoréférencées (cartes, orthophotoplans, images satellitales, …) permet de valider la bonne adéquation entre l’observé et l’interprétation. Dans le cas d’utilisation d’images d’Observation de la Terre pour réaliser des inventaires, cette campagne de données terrains avec des outils nomades permet aussi de valider l’interprétation terrain par rapport à la faisabilité des attendus ;
      • l’étape suivante en réduisant les risques d’erreur (géographiques, sémantiques, …) de report.
      Lors de cette collecte sera aussi réalisé un catalogue photographique géolocalisé avec orientation des photos.
      Cette phase sera initialisée par un expert international qui aura notamment la charge de :
      • s spécifier l’organisation des campagnes terrains,
      • s réaliser des formations aux outils nomades.
      Il sera épaulé par un expert national qui réalisera le suivi des collectes des données terrain. Une équipe composée de membres du CNIGS et des différents partenaires concernés (MDE, MARNDR, MT, INARA) devra être mis en place pour effectuer les campagnes terrains.
      La durée des enquêtes socio-économiques et foncières, de même que celle du référencement des sites historiques ne peut être évaluée actuellement avec précision. Il peut être envisagé que
      • s le référencement des sites historiques nécessite une personne à mi-temps pendant 18 mois, les enquêtes foncières et socio-économiques fassent chacune appel à une personne à plein temps pendant 6 mois.
      La campagne terrain pour la collecte des données nécessaire à la réalisation de la cartographie de l’occupation des sols et au catalogue photographique fera appel à des ressources de 3 hommes/mois. Les relevés inhérents à la réalisation du zonage agro-sylvo écologique (espèces indicatrices, caractéristiques du sol) seront effectués par 3 à 5 experts nationaux (phytosociologue, phyto-écologue, agro-écologues) pour une charge de 6 hommes/mois.
    3. Le traitement des données de terrain Les relevés « phytosociologiques » des espèces indicatrices devront être analysés, regroupés par tableau de contingence, …, avant d’être spatialisés sous forme de cartes de zonages agro-sylvo écologiques et intégrés dans le Système d’Information. Cela nécessitera le travail d’un expert national phyto-écologue durant une période de 2 mois.
      De même, les données socio-économiques et foncières devront être analysées avant toute intégration au SIG.
      Des experts nationaux (1 expert en enquête foncière et 1 expert en enquête socio-économique) réaliseront ces traitements dont la charge est évaluée à 2 mois par thématique.
    4. Saisie de données et intégration dans le SIG Des procédures strictes de saisie des données vectorielles seront mises en place afin d’assurer la qualité des données :
      • référentiel géographique commun pour les données rasters, vectorielles et textuelles,
      • structuration topologique et sémantique des données vectorielles
      • qualité géométrique de la saisie en fonction des échelles du document de référence initial et de l’échelle d’exploitation,…
      Un expert national spécialisé en géomatique aura en charge de rédiger les spécifications, relatives aux procédures de saisie et livrables attendus, qui seront validées par un expert international. L’expert national interviendra tout au cours de cette étape comme « gestionnaire de chantier », il travaillera en étroite collaboration avec le coordinateur thématique en lui faisant des rapports de « production » réguliers (hebdomadaire).
    5. Développement Des fonctionnalités spécifiques à l’application seront mises en place et adaptées au logiciel S.I.G. qui sera acquis dans le cadre du PITDD.
      Un expert international aura en charge de spécifier ces fonctionnalités durant une période de 2 semaines.
      Un expert international, développeur, accompagnera les experts nationaux du CNIGS durant 4 semaines en phase de démarrage et interviendra une autre semaine pour effectuer un suivi-évaluation des développements.
    6. Contrôle qualité des données
      • Des procédures de contrôles qualité seront mises en place pour évaluer :
        • les données collectées sur le terrain : un échantillonnage aléatoire de 1% des données collectée sera effectué. Le contrôle qualité des données collectées sera à la charge des partenaires les ayant recueillis puisque spécialistes du type de données étudié. Un plan de contrôle qualité documenté devra être mis en place et communiqué aux coordinateurs des différents partenaires. Si lors de la saisie de ces données il s’avère que des erreurs existent, elles seront transmises à l’organisme collecteur qui devra corriger et/ou justifier l’erreur. La charge de travail est évaluée entre 1 et 2 semaines par enquête (foncière, socio-économique, OCS, espèces indicatrices, sites historiques).
      • Les données saisies seront évaluées, dans le respect des procédures qui seront mises en place, afin de vérifier qu’elles correspondent aux spécifications. Pour chaque type d’objets la précision géométrique, la précision sémantique, l’exhaustivité et la cohérence logique seront validées. Cette tâche nécessitera un expert CNIGS à 20% durant la phase de saisie
 

Galeries

Quelques sites d'intérêts
Centre National de l'Information Géo-Spatiale